1574 dinars, salaire d’un enseignant tunisien, fautes comprises

Plusieurs enseignants de l’enseignement public ont entamé aujourd’hui une nouvelle saison de grèves durant laquelle ils prennent les élèves en otage. A la différence des grèves ordinaires, un peu partout dans le monde, les enseignants tunisiens veulent observer la grève tout en étant payés. 
Ainsi, ils se présentent en classe, mais refusent de donner les copies d’examen à leurs élèves. Désabusés, et en pleine semaine bloquée censée être réservée aux examens, les élèves ne savent plus que faire. Ils ont passé des heures entières à apprendre et à préparer l’examen et, le jour J, leur enseignant leur dit « non, je ne vais pas travailler ! ». Et gare à celui ou celle qui fait preuve d’insolence en les interrogeant sur les raisons de leur présence en salle de classe, alors qu’ils sont censés être dehors, puisqu’en grève.

Quel est le salaire d’un enseignant du public ? 1574 dinars, soit quelque cinq fois le Smig pour 16 heures de cours par semaine, moins de neuf mois par an. A titre comparatif, le salaire d’un enseignant français (2189 euros nets) est inférieur à deux fois le Smig. 

Peut-on s’attendre (au moins) à un rendement conséquent en contrepartie de ces « cinq fois le Smig » ? La réponse est négative, en témoigne le niveau de nos élèves quand ils atteignent le fond. Et si cette preuve est insuffisante, ou irrecevable, on peut constater le bas niveau dans les fiches de paie de ces mêmes enseignants. Celle-ci par exemple, qui fait le tour des réseaux sociaux, et sur laquelle on peut lire « Net à payé »… Quelqu’un pour attirer l’attention de nos enseignants et leurs directions que la grammaire française exige qu’on écrive « Net à payer » ? Nos chers enseignants n’en ont cure, ils ne pensent qu’à augmenter encore davantage leurs « cinq fois le smig »…

R.B.H

Auteur: admin

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