Un Palestinien tue trois Israéliens près d’une colonie de Cisjordanie

Un Palestinien armé d’un pistolet a tué mardi trois Israéliens à l’entrée d’une colonie de Cisjordanie occupée avant d’être abattu, dernière en date d’une multitude d’attaques du même genre depuis deux ans.

L’attaque a immédiatement suscité chez les Israéliens la crainte d’un nouvel accès de violence coïncidant avec les grandes fêtes juives.

Peu après 7H00, alors que des employés palestiniens se soumettaient aux contrôles israéliens pour entrer dans la colonie de Har Adar, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Jérusalem, et commencer leur journée de travail, le comportement d’un homme a suscité les soupçons des gardes qui lui ont ordonné de s’arrêter, a rapporté la police israélienne.

L’homme a sorti un pistolet et ouvert le feu, tuant Solomon Gavria, un sergent de police âgé de 20 ans, et deux agents de sécurité privés, avant d’être abattu. Un quatrième israélien a été transporté à l’hôpital dans un état grave.

Steve Leibowitz, un résident de Har Adar âgé de 65 ans, a raconté à l’AFP avoir entendu les tirs et avoir d’abord cru à un mariage.

Har Adar est une colonie aisée et jusqu’alors paisible d’environ 4.000 habitants, située en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis cinquante ans. Elle jouxte le territoire israélien et est située en-deçà de la barrière de sécurité qu’Israël a construite pour se protéger des attaques palestiniennes et qui empiète largement sur le sol de Cisjordanie.

« C’est un endroit calme », dit Steve Leibowitz, « on a l’impression d’être en Israël même. Je n’ai pas fermé ma porte à clé depuis des années. Maintenant, je vais le faire ».

– Violences domestiques –

L’assaillant a été identifié par les autorités israéliennes comme Nimer al-Jamal, un habitant de Beit Surik, un des villages qui font face à Har Adar. Comme après chaque attaque, les forces israéliennes ont effectué une descente dans son village et chez lui.

C’était un homme de 37 ans, sans antécédent au regard de la sécurité israélienne mais souffrant de « lourds problèmes personnels » et auteur de violences domestiques, selon la sécurité intérieure israélienne (Shin Beth). Sa femme l’aurait quitté et laissé seul avec leurs quatre enfants.

Il disposait d’un permis de travail israélien, comme des dizaines de milliers de Palestiniens qui vont chaque jour travailler en Israël ou dans les colonies, attirés par des salaires plus élevés.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré qu’Israël devait interdire l’entrée des colonies aux travailleurs palestiniens pendant la période en cours des fêtes juives. Il s’agit de maintenir « les frictions au plus bas », a-t-il expliqué.

La succession des grandes fêtes juives en septembre et octobre, avec Yom Kippour et Souccot à venir, fait chaque année redouter aux services israéliens un regain de tensions avec les Palestiniens, notamment autour de l’ultra-sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Le site est sacré pour les juifs, qui le révèrent comme le mont du Temple, et les musulmans. Les juifs affluent à Jérusalem pendant les fêtes.

M. Erdan et la ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely ont montré du doigt les dirigeants palestiniens, coupables selon eux d’entretenir un climat de haine alors que l’administration Trump cherche les moyens de renouer les fils rompus du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.

– Calme « précaire » –

« L’horrible attaque de Har Adar, c’est la manière qu’ont les Palestiniens d’accueillir l’émissaire américain Jason Greenblatt », représentant spécial pour les négociations internationales actuellement en Israël, a dit Mme Hotovely.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a salué l’attaque comme un « acte de vengeance pour les crimes de l’occupant contre notre peuple et les violations israéliennes » sur l’esplanade des Mosquées. Le Jihad islamique, autre grand ennemi d’Israël, a également loué un acte « héroïque » en invoquant la défense de l’esplanade des Mosquées.

L’entreprise de paix israélo-palestinienne est moribonde. Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens restent en proie aux violences même si, quasiment quotidiennes à partir de l’automne 2015, elles se sont faites plus sporadiques au cours des derniers mois.

Le patron du Shin Beth Nadav Argaman prévenait récemment que le calme apparent régnant en Cisjordanie était « précaire ».

Les violences ont causé la mort d’au moins 295 Palestiniens ou Arabes israéliens, 50 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Érythréen, un Soudanais et une Britannique depuis le 1er octobre 2015, selon un décompte de l’AFP.

La plupart des Palestiniens tués sont les auteurs ou auteurs présumés d’attaques. Nombre des attaques ont été perpétrées aux abords ou dans les colonies de Cisjordanie.

Plus de 600.000 colons israéliens vivent une coexistence souvent conflictuelle avec près de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La colonisation est illégale au regard du droit international.

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