Nouvelle-Zélande: les chefs politiques tentent de séduire un arbitre populiste

Les deux principaux partis politiques de Nouvelle-Zélande étaient dans les starting blocks dimanche pour tenter de séduire un député populiste placé en position d’arbitre par des législatives indécises et de le convaincre de former un gouvernement de coalition.

Le Premier ministre sortant Bill English, 55 ans, semblait cependant avoir l’avantage sur sa rivale travailliste Jacinda Ardern et être en meilleure position pour former un cabinet. Pour l’emporter, les travaillistes devront eux réussir le tour de force de rassembler des partis minoritaires que tout sépare.

Le Parti national (PN, centre-droit) de M. English a réalisé un bon score samedi en obtenant 46% des suffrages, soit 58 sièges, trois de moins que la majorité absolue de 61 sièges.

Le Parti travailliste a obtenu 35,8% des voix (45 sièges), un résultat décevant compte-tenu des espoirs suscités par la nomination à sa tête de la charismatique Mme Ardern, 37 ans. Si les Verts acceptaient de rejoindre les travaillistes, le nombre de sièges serait porté à 52.

Ce qui signifie que M. English comme Mme Ardern ont besoin des neuf sièges recueillis par le parti populiste et anti-immigration « Nouvelle Zélande d’abord » (NZF) du franc-tireur Winston Peters, pour obtenir la majorité nécessaire à la formation d’un gouvernement.

M. Peters, 72 ans, d’origine maorie et écossaise, était retranché dans son quartier général de l’Ile-du-Nord dimanche et attendait les coups de téléphone de M. English et de Mme Ardern pour entendre leurs arguments.

« Ce ne sont pas eux qui ont les cartes en main », a-t-il prévenu à l’avance. « Nous savons que nous devons être responsables. Nous allons nous entretenir en tant que parti politique, que conseil d?administration, et quand nous aurons pris notre décision, alors nous parlerons aux autres sur ce que nous pourrions faire ».

M. Peters est connu pour ses prises de position contre l’immigration asiatique et protectionnistes. Mais c’est un pragmatique qui a montré par le passé qu’il savait se ranger du côté le mieux disant.

Il avait en 1996 aidé les conservateurs à prendre le pouvoir contre un poste de vice-Premier ministre. En 2005, il avait rejoint une coalition travailliste en échange des Affaires étrangères.

– ‘le dernier mot’ –

Comme on demandait au directeur de campagne du Parti national Steven Joyce pourquoi M. Peters devrait se ranger du côté des conservateurs, il a expliqué que les résultats du vote montraient clairement qu’ils étaient soutenus par un plus grand nombre d’électeurs.

« Nous pourrons faire du bon travail avec NZF. Plusieurs membres de notre camp ont de bonnes relations avec Winston et son équipe. Attendons de voir ce qu’il va se passer. Le Premier ministre va commencer à y travailler aujourd’hui ».

Echo inverse chez le directeur de campagne travailliste Phil Twyford, qui a assuré que le NZF avait plus de choses en commun avec le centre-gauche qu’avec les conservateurs.

« Tout repose sur la question de qui peut rassembler une majorité et je crois que nous sommes bel et bien en lice », a-t-il déclaré à la télévision.

Une difficulté supplémentaire pour le camp travailliste est qu’il doit réussir à faire se côtoyer des ennemis jurés, NZF et les Verts.

Les Verts ont suscité l’ire du député populiste en qualifiant de « racistes » ses prises de positions sur l’immigration. M. Peters les avaient prévenus qu’il y aurait des « conséquences ».

Le dirigeant des Verts James Shaw ne semblait pas très optimiste quant aux possibilités que le septuagénaire irascible tourne la page des discordes passées pour rejoindre une coalition avec les travaillistes et les Verts.

« Bon, c’est peu probable, hein. Mais si on regarde le fait que trois partis d’opposition disposent ensemble de 61 sièges, c’est possible. Nous pourrions former un gouvernement », a déclaré M. Shaw. « Comme tout le monde le dit, c’est Winston Peters qui aura le dernier mot ».

Quoi qu’il en soit, les négociations pourraient durer un bon moment. M. Peters a évoqué la date-limite du 12 octobre.

© 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.

Auteur: admin

Partager cet article sur :