Le PDL tranche : ne votez pas Kaïs Saïed !

La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi a appelé les structures du parti ainsi que ses sympathisants à ne pas accorder leur vote au candidat au 2ème tour de la présidentielle, Kaïs Saïed. Dans une vidéo datant de ce vendredi 11 octobre 2019, Mme Moussi a précisé que le PDL ne peut pas rester neutre notamment face aux résultats « catastrophiques et choquants » du 1er tour de la présidentielle assurant que le choix du parti est en concordance avec ses valeurs et ses « lignes rouges ». « Nous ne pouvons soutenir ni le terrorisme ni le chaos ni les personnes qui ne reconnaissent pas l’Etat. Nous ne pouvons pas appuyer ceux qui menacent le modèle sociétal civil, bourguibiste et moderniste », affirme Abir Moussi....

Lire la suite

Boire la coupe jusqu’à la lie

Dimanche prochain, le marathon électoral prendra fin. Mais ce ne sera pas fini pour autant puisque un autre marathon prendra le relais et dont on n’imagine déjà pas la fin. L’installation du nouveau président de la République, celle des nouveaux élus à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et la mise en place des commissions parlementaires, la désignation d’un chef du gouvernement chargé de former un nouveau gouvernement et de solliciter la confiance d’une majorité parlementaire… Autant dire, ce processus risque de durer au moins jusqu’à la fin de l’année, dans la meilleure des hypothèses. En tout cas, cela va rallonger d’autant la durée de vie du gouvernement de Youssef Chahed. Après la terrible sanction essuyée dans l’élection présidentielle et la débâcle de son parti aux élections législatives, c’est avec un moral en-dessous de zéro que Youssef Chahed et son gouvernement sont désormais chargés d’expédier les affaires courantes, en attendant la formation d’un nouveau gouvernement. Visiblement, le gouvernement s’y plie. A preuve, la tenue ce jeudi d’un conseil ministériel consacré au projet de budget de l’Etat 2020. A cet égard, une question s’impose : Youssef Chahed aurait-il décidé de se faire violence, résolu à boire la coupe de l’échec jusqu’à la lie ? Car enfin, il ne sert à rien d’élaborer un projet de budget dont on sait pertinemment qu’il sera modifié. Qu’avait-il à s’embarquer dans un tel processus ? Pourtant les raisons ne manquent pas pour éviter cette vraie-fausse obligation. Un projet de budget ne peut aucunement faire partie des affaires courantes chargées d’être expédiées par un gouvernement sortant. D’autre part, à quoi servirait un tel projet dès lors qu’il est probable sinon certain qu’il sera modifié par le prochain gouvernement qui y reflétera ses choix socioéconomiques. A la place, n’était-il pas préférable pour le gouvernement d’invoquer l’article 50 de la loi organique du budget qui stipule que, si le projet de loi de finances n’est pas adopté dans un délai ne dépassant pas le 31 décembre – ce qui semble être le scénario le plus vraisemblable –  il peut être procédé à son exécution en matière de dépenses, par tranches de trois mois renouvelables par décret présidentiel. Quant aux recettes, elles sont recouvrées selon la législation en vigueur. Bien entendu, l’Assemblée des Représentants du Peuple en sera informée avant l’adoption du projet de la loi des finances de l’année. Youssef Chahed a fait le choix d’élaborer un projet de budget. Faut-il considérer son choix comme étant un dernier baroud d’honneur, avant que les apparitions médiatiques ne deviennent de plus en plus rares ? En tout cas, la sortie est hasardeuse pour prendre date. Car, ce projet de budget de l’Etat est totalement...

Lire la suite

Les contrebandiers au parlement

On en a vu des corporations représentées dans le parlement. Pendant des années, il y a eu beaucoup d’avocats, les médecins sont également représentés à l’ARP. Mais une autre « profession » commence à pointer son nez sous la coupole du Bardo : les contrebandiers.  Apparemment, les contrebandiers en ont eu marre de financer des campagnes et de devoir ensuite s’assurer de la loyauté des élus qu’ils ont placé à l’ARP. Alors, ils ont décidé d’y aller eux-mêmes et puisque les voix sont une marchandise comme une autre qu’on peut acheter comme on achèterait une grosse voiture ou un appartement au Lac II, alors ils y sont allés. Il faut dire que les contrebandiers ont brillamment réussi à préserver leurs intérêts et leur « profession » de toute gêne que pourrait occasionner l’application de la loi éventuellement ou la mise en place de nouvelles lois. Pendant plus de cinq ans, tout le monde a parlé des circuits de contrebande, de la nécessité vitale pour l’économie tunisienne de mettre un terme à ce commerce, des liens qui peuvent exister entre contrebande et terrorisme, mais personne n’a rien fait. A chaque Loi de finances on discute des mesures à prendre et des entraves que l’on peut dresser aux contrebandiers, mais on n’en retrouve rien dans le projet adopté, bizarrement. Bref, les contrebandiers pourraient constituer un bloc parlementaire à l’ARP que l’on appellerait le bloc « contra » et qui servirait leurs intérêts. En plus, ils ont beaucoup de sympathisants déjà présents à leurs côtés. Notamment l’inimitable Seif Eddine Makhlouf qui a glorifié l’absence de l’Etat à Ben Guerdène et qui encourage à se « libérer » de l’Etat pour vivre selon d’autres codes et d’autres normes. « Nous on appelle ça de la contrebande alors qu’à Ben Guerdène c’est juste du commerce », avait-il claironné avec un sourire en coin. Des codes et des normes que les contrebandiers établissent et font respecter, parfois violemment, mais bon, on ne va pas en faire un drame. Les contrebandiers pourraient même faire office de force d’apaisement et de consensus dans un parlement divisé comme le nôtre. Ce sont les seuls qui ont des liens et qui ont financé plusieurs des forces qui « montent » aujourd’hui. Des gens connus dans leurs régions et qui ont un rayonnement international, eu égard à leurs activités, ne peuvent que faire du bien à notre parlement et à la représentation de l’Etat de manière générale. Si des terroristes et des daechiens trouvent leurs places dans l’hémicycle, pourquoi en priver les contrebandiers ? Pendant ce temps-là, l’ensemble des partis politiques parle de lutter contre la corruption et de mettre sous les verrous les voleurs et les profiteurs. Entendez par là, évidemment, les voleurs,...

Lire la suite

Législatives 2019 : répartition des sièges dans la circonscription de Kairouan

L’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) a publié ce mardi 8 octobre 2019 les résultats préliminaires des élections législatives. Le mouvement Ennahdha et le parti Qalb Tounes ont obtenu chacun 2 sièges au parlement tandis que la coalition « Al Karama », le parti Tahya Tounes, le mouvement Achaâb, la liste indépendante « Al Rabita Al Khadhra« , le parti Attayar et la liste « Al Roujouû ila Al Asal » ont obtenu chacun un siège. Notons que le total des suffrages exprimés est de 12462,77 votes. Le mouvement Ennahdha a en effet obtenu, durant cette échéance électorale, 20083 voix et a décroché ainsi la première position. Arrivé en seconde place, le parti Qalb Tounes (16407), suivi par la coalition Al Karama (7248), la liste indépendante « Al Rabita Al Kahdra » (3902), le parti Attayar (3574), la liste indépendante « Al Roujouû ila Al Asal » (3493) et enfin le mouvement Achaâb (3082)....

Lire la suite

Habib Ellouze : un gouvernement révolutionnaire doit être mis en place

« J’ai choisi le silence parce que je n’étais pas satisfait par les choix du mouvement Ennahdha particulièrement lorsque le parti s’est allié avec Nidaa Tounes. J’estimai qu’il aurait été préférable pour le mouvement de rester dans l’opposition pour l’intérêt du pays », a déclaré le dirigeant du mouvement islamiste, Habib Ellouze, dans une vidéo publiée mercredi 2 octobre 2019 sur sa page Facebook. Selon M. Ellouze, le pays passe aujourd’hui par un moment critique et le choix n’est pas facile à faire. Il a dans ce sens exprimé sa crainte qu’un gouvernement corrompu et mafieux dont les membres sont soutenus par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis (EAU), prenne les rennes du pays. « Qui peut aujourd’hui concurrencer le parti Qalb Tounes ? Il faut qu’un gouvernement révolutionnaire soit mis en place. Il faut soutenir Ennahdha et Kaïs Saïed sera président de la République. Kaïs Saïed ne pourra rien faire si un gouvernement mafieux est mis en place », a-t-il prévenu....

Lire la suite