Moncef Marzouki dépose une plainte contre Sahbi Amri


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Le blogueur, ancien prisonnier et activiste Sahbi Amri aura subi les ennuis judiciaires de l’ensemble des régimes politiques. Depuis Bourguiba jusqu’à Béji Caïd Essebsi en passant par Ben Ali et la troïka.

Alors qu’il vient de quitter la prison après avoir dénigré Béji Caïd Essebsi, Moncef Marzouki vient d’annoncer qu’il va déposer une plainte contre lui pour diffamation. Sahbi Amri a écrit un post sur sa page Facebook indiquant que l’ancien président de la République est allé le 7 août dernier chez l’ambassadeur de France à Tunis à qui il lui aurait donné des informations confidentielles, comme s’il était un espion ou un traître. Or, Moncef Marzouki était à l’étranger du 9 juillet jusqu’au 14 août, d’après ce qu’il a indiqué sur sa page Facebook dans un communiqué lié à ce sujet.

Moncef Marzouki estime que « ceci entre dans le cadre d’une campagne de dénigrement en préambule des prochains rendez-vous électoraux ». Il a ainsi chargé ses avocats Omar Chetoui et Lamia Khemiri de déposer une plainte contre Sahbi Amri. Il rappelle qu’il attend encore les décisions de la « justice indépendante » quant à ses plaintes déposées depuis 2014 sur les défaillances commises lors des dernières élections, la plainte déposée contre le conseiller Noureddine Ben Ticha il y a deux ans et la plainte déposée il y a quelques mois contre ceux qui l’ont empêché d’atteindre la radio Ribat à Monastir.

Pour rappel, les élections de 2014 se sont déroulées normalement et sans défaillances majeures, si l’on témoigne des rapports de l’Isie et de la Cour des comptes ainsi que ceux des observateurs indépendants de l’Union européenne et des différentes ONG tunisiennes et étrangères.

L’Isie a même épinglé Moncef Marzouki en l’accusant d’avoir été celui qui a triché le plus lors de ces élections. Pour la plainte contre Noureddine Ben Ticha, il n’y a absolument aucune preuve contre le conseiller du président de la République s’il a monté cette vidéo-polémique décontextualisant les propos de Moncef Marzouki lors d’un discours prononcé à Doha. Enfin, concernant la radio Ribat, il s’agit de jeunes qui lui ont crié Dégage et bloqué sa voiture. Y a-t-il eu vraiment un empêchement d’accéder à la radio alors que Moncef Marzouki était escorté par des agents des forces de l’ordre ?

Quant à Sahbi Amri, il est bon de rappeler que ce médecin et président du Réseau des blogueurs libres n’a pas cessé d’avoir des ennuis judiciaires et subi des peines privatives de liberté depuis l’époque Bourguiba. Sous la troïka, c’est l’un des proches de Moncef Marzouki, Salim Ben Hamidane, qui a porté plainte contre lui et une peine de prison a été prononcée contre lui à l’époque. Depuis 2014, il a séjourné deux fois en prison, toujours suite à ses écrits incendiaires, et a dû la quitter pour des raisons humanitaires. Le sexagénaires est amputé des deux jambes et traine plusieurs maladies lourdes qui font que sa détention soit impossible dans des conditions décentes et légales.

R.B.H

Auteur: admin

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