Mehdi Mahjoub : Les voitures sont chères à cause de la taxation !

Mehdi Mahjoub, membre du bureau exécutif de la Chambre syndicale des concessionnaires automobiles et directeur général de City Cars, concessionnaire de Kia Motors en Tunisie, est revenu sur les problématiques du secteur, dans une interview accordée ce mercredi 31 janvier 2018 à Asma Rihane dans l’émission Expresso sur Express Fm.

Ainsi, M. Mahjoub a indiqué que depuis 2010, le volume global des besoins en véhicules en Tunisie se situe généralement entre 80.000 à 84.000 véhicules par an. Il a martelé que les voitures sont chères à cause de la taxation et que plus de 50% du prix des véhicules sont des impôts et taxes alors que 35% vont aux constructeurs. Pour lui, il est évident qu’il faut ouvrir le marché et laisser le Tunisien choisir la marque de véhicule qu’il désire et les services qui vont avec. L’ouverture du marché ne va pas créer une hémorragie en devise, preuve à l’appui, l’ouverture du marché des camions en 2012 s’est très bien passée et le marché s’est autorégulé.

Bien que convaincu des bienfaits de la libéralisation du marché, la chambre a accepté la baisse de 20% du volume d’importation, en attendant l’amélioration de la situation économique du pays. Ceci dit, elle a émis certaines conditions notamment entreprendre des actions réelles et effectives contre le marché parallèle ; la révision du plafond d’impôt annuel des bénéficiaires de la voiture populaire de 5.000 à 10.000 dinars ; et de récupérer 10% de volume en plus en juin, si les indicateurs économiques s’améliorent.

Mehdi Mahjoub a expliqué, dans ce cadre que, la loi qui organise l’octroi de voiture populaire date de 1994. Cette loi prévoyait à l’époque que les bénéficiaires ne devaient pas payer un impôt supérieur à 5.000 dinars par an. Or la situation a changé depuis24 ans, les salaires, le pouvoir d’achat et les prix ont beaucoup évolué. Un nouveau projet de loi est soumis à l’ARP depuis plus d’un an et demi.

Le DG de City Cars a souligné que la voiture populaire était à 10.000 dinars en 1994 lorsque l’euro était équivalent à 1,2 dinar. Actuellement l’euro est presque à 3 dinars donc le montant est multiplié par 3. C’est donc normal, que le prix moyen d’une voiture populaire se situe entre 25.000 à 27.000 dinars.

«Le prix des voitures populaire n’a pas augmenté à l’achat du constructeur, mais le prix a évolué à cause du glissement du dinar et la hausse des taxations. La voiture populaire est le seul véhicule dont le prix a augmenté seulement de 1% à cause de la hausse de la TVA. Les prix des autres véhicules ont augmenté entre 4% et 30%, selon la cylindrée», a-t-il affirmé.

M. Mahjoub note que malgré cela, la voiture populaire n’est pas à la portée des Tunisiens, bien qu’elle soit soumise à une taxation privilégiée ne payant que 10% de droit de consommation au lieu de 20% en plus d’une TVA de 13% au lieu de 19%, énoncés dans la LF2018.

Mehdi Mahjoub précise que malgré le glissement du dinar et la baisse du pouvoir d’achat, le Tunisien continue a acheté des véhicules, ce qui prouve que la voiture, contrairement à ce que croient plusieurs dont l’Etat, n’est pas un bien de luxe, mais un besoin de mobilité en l’absence d’un réseau développé de transport en commun. «Le citoyen tunisien préfère investir dans une voiture que dans un logement, car c’est un bien nécessaire qu’il utilise quotidiennement», indique-t-il.

C’est pour cela, que l’affluence est la même : «Il y a des professionnels qui ont besoin de véhicules, qu’ils soient agences de location, chauffeurs de taxi, de louage ou autres, ministères, médias, commerciaux, livreurs. Nous avons tous besoin de véhicules ! C’est un outil de travail et de mobilité», a-t-il ajouté.

La taxe supplémentaire sera à la charge du client, poursuit-il. Mais, elle causera un désavantage au profit du marché parallèle alors qu’on pensait que des efforts seront faits pour favoriser le marché officiel qui paye ses impôts, créé de l’emploi et investit, s’indigne-t-il.

«Payer ses impôts et taxes est un devoir national. On ne peut pas comparer le prix de véhicules neufs avec ceux d’occasion et on ne peut comparer les prix pratiqués par ceux qui payent leurs impôts et offrent un service après vente avec ceux qui ne payent rien à l’Etat et ne prennent aucune responsabilité !», a-t-il souligné.

I.N

Auteur: admin

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