A tout de suite président, dans nos cœurs !

Monsieur le Président, vous n’êtes plus ! Vous nous avez quittés ! La mort est venue vous chercher ce matin. Elle vous a pris, elle nous a laissé blessés dans nos entrailles.

Elle est venue ce jour où c’est la République qu’on célèbre. 

Certains parleront d’un pied de nez, ceux-là vous connaissent peu. C’est le sens du devoir envers cette patrie que vous chérissiez plus que tout qui vous a toujours guidé. Et partir en ce jour particulièrement républicain, c’est un message que vous nous adressez, en nous disant que vous nous laissez entre ses mains, que vous nous confiez à notre République, comme vous nous confiez cette République. Nos destins sont indissociablement liés. Ce n’est forcément pas anodin. A moins que ce soit la mort, qui dans un ultime hommage, a voulu associer à jamais fête de la République à celui qui lui a tant apporté.

Vous n’avez raté aucun rendez-vous avec l’Histoire Monsieur le Président, on peut dire que même votre sortie vient rajouter une ligne à celle de notre République. Une ligne, cette fois, bien triste.

Vous parler m’a toujours impressionné. Vous regardiez vos interlocuteurs de votre regard bleu intense, avec cette immense intelligence qui, on pensait, nous jugeait alors que c’était une incroyable tendresse et une formidable bienveillance qui vous animait.

Quand on évoquait hier, vous répondiez demain, et quand on vous parlait de demain, vous étiez déjà au mois prochain. Le temps de l’Histoire n’est certes pas celui de l’Homme, mais c’était bien le vôtre.  Et février 2011, vous repreniez les rênes du gouvernement pour asseoir une révolution que vous avez alors su poser. En 2014 vous étiez élu président d’une République démocratique que vous avez alors su consacrer.

Monsieur le Président, vous nous quittez ce jour, en nous laissant orphelins de vous. Pupille d’une nation qui vous est reconnaissante, fort d’un pays dont la trajectoire, plus que cinq fois millénaire vers l’excellence, porte désormais aussi votre empreinte.

Monsieur le Président, vous n’avez pas seulement compté en Tunisie, vous avez contribué à la bâtir, vous ne faites pas seulement partie de son histoire, vous composez son ADN. Permettez-moi d’aller plus loin Sil Beji, et de vous dire que nous ne sommes pas que tunisiens, nous sommes un peu vous !

Vous n’aimiez pas les hommages, que vous balayiez d’un geste de la main que je revois encore, vous détestiez les épanchements, en appelant d’un index autoritaire, à faire preuve de force et de courage. Mais, Monsieur le président, je ne peux pas écrire ces lignes, sans que cet hommage, déjà vivace de votre vivant, soit criant d’omniprésence à votre mort. Monsieur le Président, je ne peux pas écrire ces lignes sans que l’émotion des réalisations de votre vivant, explose en larmes de peines à votre mort.

Monsieur le Président, j’ai pris l’engagement de ne pas évoquer l’actualité tunisienne dans ce journal dont j’ai l’honneur d’être l’administrateur. Vous m’aviez dit, sourire aux lèvres, et pleins de sous-entendus en pensées, que c’était une sage décision. J’en avais ri, vous m’aviez souri. Je respecte cet engagement, et ce n’est pas de l’actualité dont je parle aujourd’hui, ni de l’Histoire d’ailleurs, mais de la Tunisie car vous en êtes une des composantes essentielles et à jamais.

Mes condoléances personnelles, compte tenu de nos liens familiaux, seront présentés dans un cadre plus intime, mais en ma qualité d’administrateur, et au nom de tout notre conseil d’administration, (et au nom de tout Business News), nous présentons à la famille du Président de la République, à ses proches, mais aussi à nous tous, à notre peuple et à notre pays nos plus vives et nos plus sincères condoléances. Monsieur le Président, Sil Beji, permettez-nous de vous dire du fond du cœur, du fond de notre âme, et de toute notre Tunisie, merci, indéfiniment.

Et même si ça n’est pas très habituel en pareilles circonstances, crions, même si la voix est tremblante, et que l’œil est mouillé, « que la République continue !».

Auteur: admin

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